L’humour est très intéressant pour inviter à faire preuve de relativité; on remarquera que ça marche particulièrement bien quand on fait preuve d’auto-dérision. Je me suis questionné, vu les postures rigides que certains montrent, si un humain pouvait perdre sa capacité de relativité. C’est un peu fou de se poser cette question mais c’était important pour moi. J’ai demandé à des neuroscientifiques spécialistes de l’apprentissage si c’était possible. Stuart Firestein (spécialiste du rapport à l’ignorance, Columbia University) m’a lancé sur une piste surprenante. Il a expliqué: “Lorsqu’on oblige quelqu’un, depuis la petite enfance, à réciter des informations de manière normée à des questions normées qui lui sont posées. Lorsqu’on le félicite de temps en temps lorsqu’il réussit (à réciter l’information de la manière normée attendue). Lorsqu’on le punit lorsqu’il ne réussit pas (distribution des copies de la meilleure à la moins bonne = humiliation sociale, “file dans ta chambre, je ne veux plus te parler vu tes notes, t’es nul!” = rupture du lien affectif). Et bien on finit avec des individus qui sont mal à l’aise avec le fait d’être perçus comme des personnes qui ne savent pas ou n’ont pas la réponse. Et parfois il semblerait aussi qu’on se retrouve aussi avec des cas … psychiatriques…? Espérons que ce soit surtout un jeu social hein…”.

Octobre 2016, intervention auprès des enseignants du LabUA de l’Université d’Angers sur les approches pédagogiques, Thomas Wolff

Le métier de médiateur territorial est difficile. Il nous demande d’être à l’aise avec le fait de parler avec des mondes très différents: des agriculteurs, des députés-maires, des ONGs, des agents de préfecture, des représentants, des enfants du web, des animateurs de communautés virtuelles, des représentants de grandes boîtes… Il faut s’entrainer à n’avoir du mépris pour personne, quelque chose soit la chose que l’on découvre, quelque soit la culture de la personne en face. Dès le moment où on commence à mépriser, les personnes le sentent et le dialogue devient difficile. Donc en résumé: on passe beaucoup de temps à manger avec des personnes de mondes sociaux très différents.

Mars 2017 avec les gestionnaires d’espaces naturels. Thomas Wolff
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Le plus difficile quand on travaille au service de quelque chose c’est de se mettre au service de la chose et d’y vouer son réseau comme son énergie. Si tu me demandes ce que sont le coeur des 100 écoles Aires marines éducatives c’est simple: ce sont les enfants et l’océan. Si tu me demandes quel est mon rôle: c’est d’être au service de ça.

Sur les Aires Marines Éducatives
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