“Bon, on fait quoi pour changer les choses?” … quoi c’est un angle que l’on trouve complexe.

Comment penser et mettre en place des projets “innovants” utiles si on a peu de ressources (temps, argent), là, on a des pistes sérieuses.

On a souhaité vous rendre visible quelques pratiques qui nous ont aidé. Inspiré. Et qui nous ont résigné à envisager la gestion de projet sous un angle différent.

“Commencer par le problème et non la solution” – David Bruant

“Aller à la rencontre de ceux qui rencontrent le problème et vérifier avec eux” – Thomas Parisot

“Trouver des moyens pour oser aller rencontrer ceux qu’on ne connaît pas” Alyssa Daoud

” C’est chaud de s’en approcher – rien que dans la posture” – Thomas Wolff

C’est difficile d’aller rencontrer des gens  si a on a grandi dans un environnement où ‘”il faut rester à sa place“. Du coup c’est difficile de rencontrer quelqu’un sans être mangé par cette peur qui te dis “tu n’es pas légitime“, “reste à ta place” ou encore “tu n’es pas à la hauteur“. Et quand tu trouves la force pour le faire tu te sens souvent obligé de te justifier auprès de tes interlocuteurs.

C’est difficile si tu as traversé un système éducatif qui t’a mis mal à l’aise avec le fait de ne pas savoir et de devenir soudainement à l’aise avec le fait d’aller vérifier toutes tes hypothèses auprès des usagers/clients/acteurs, sur le terrain, à leur contact. Au fond de nous ça nous met en face du fait qu’on ne sait pas. Le scientifique Stuart Firestein dit “la science c’est ce que personne ne sait encore”. Quand on porte un projet innovant je suppose que ça a tout à voir: on se doit de découvrir, d’explorer, de faire des hypothèses, les tester, les vérifier. Bref: embrasser l’idée qu’on ne sait pas.

C’est difficile si on porte en soi des éléments la culture de la réussite sociale. Parce que le jour où tu découvres auprès des usagers/utilisateurs/clients/acteurs que la solution que tu portes ne réponds à aucun problème ça va te déranger. Parce que ton rôle social – fondateur, porteur de projet, … – sera éventuellement remis en question.  La meilleure manière de se maintenir dans ce rôle social est de ne jamais aller rencontrer les usagers/clients/acteurs et de ne jamais les écouter. Leur parler en endossant ton “rôle social” et les convaincre c’est une chose, mais les écouter c’est une autre. Et il y a des outils. Beaucoup de disciplines font miroiter que le marketing et autres pratiques de communication sont des instruments de pouvoir in-dis-pen-sables. Des instruments qui vont t’assurer que peindre des pelouses avec de la peinture artificielle est un moyen de lutter contre la sécheresse puisqu’il n’y a plus besoin de les arroser. Enfin, ils le feront si tu es leur “cible”(véridique, vu cet été).

C’est difficile de parler à des gens qui vivent et sont confrontés à des problèmes pénibles. Parce que ça nous traverse parfois et qu’on ne sait jamais quand ça va nous toucher. L’empathie peut nous manger. Nous faire ressentir la souffrance. Surtout dans les interviews en face à face. Chaque rencontre peut potentiellement nous transformer. Et nous donne l’envie de réagir. Sauf qu’on ne pourra pas tout faire et qu’il faudra choisir.

Tout cela est délicat parce que beaucoup de ces héritages – rester à notre place comme avoir pris l’habitude de prendre des allures de dominant, prendre le rôle de “moi je sais” comme “pffff je suis pas légitime j’y connais rien”, … –  peuvent être des béquilles qui nous ont été utiles en leur temps pour nous construire et vivre avec les autres.

Quand j’y réfléchis tout est difficile si on veut continuer à faire exactement comme avant.

 

Il y a une méthode?

Voici les deux seules méthodes qui semblent avoir fait consensus autour des praticiens que nous côtoyons.

Apprendre avec des praticiens

Identifier quelqu’un auprès de qui on aimerait apprendre. Lui demander si on peut coworker avec lui/elle. Le/la côtoyer. Lui poser des questions sur sa manière de faire. Parfois, rien qu’en côtoyant quelqu’un, ça nous transforme.

Apprendre par soi: la méthode running lean

Le running lean est une méthode de gestion de produits innovants dérivées des observations du lean startup.

Avec moins de jargon ça donne la chose suivante: le running lean une approche rigoureuse, empirique, basée sur le fait d’être en interaction avec les usagers/utilisateurs/acteurs. C’est une méthode où on vérifie toutes les hypothèses qu’on fait. Elle demande de ne pas se disperser.

Aux vigies on a acheté le livre sur la méthode en français, on l’a en format numérique, et il est accessible sur ce lien. Nous vous invitons tout particulièrement à consulter les pages 125 à 136: Comprendre le problème, préparez vous à mener des entretiens avec les utilisateurs.

Si vous êtes réfractaires à la culture business c’est une approche d’autant plus enrichissante à lire.